Comment protéger les données sensibles à l’heure où les ordinateurs quantiques gagnent rapidement en puissance ? C’est à partir de cette question que la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg unissent leurs forces dans le cadre de BENELUX-QCI. Ce nouveau projet européen s’appuie sur des initiatives nationales antérieures, dont BeQCI, et marque une étape cruciale vers une communication quantique sécurisée en Europe. Belnet y joue à nouveau un rôle clé.
De l’expérimentation à l’infrastructure
Ces dernières années, de nombreux projets pilotes autour de la distribution quantique de clés (Quantum Key Distribution – QKD) ont vu le jour en Europe. Cette technologie permet l’échange de clés de chiffrement sur la base des lois de la physique quantique. Son principal avantage ? Toute tentative d’interception est immédiatement détectée.
L’enjeu est clair : à mesure que les ordinateurs quantiques évoluent, le risque augmente de voir les méthodes de chiffrement actuelles compromises. La QKD est considérée comme l’une des technologies capables d’apporter une réponse à cette menace.
En Belgique, cette technologie a déjà été largement testée dans le cadre du projet BeQCI. En collaboration avec plusieurs partenaires du consortium, Belnet y a déployé une infrastructure QKD et étudié comment différents types de technologies peuvent être utilisés pour assurer une communication sécurisée entre émetteurs et récepteurs.
« BeQCI était un projet pilote », explique Niels Deriemaecker, Innovation Lead chez Belnet. « Nous y avons énormément appris, tant sur la technologie elle-même que sur les cas d’usage possibles. Cette expertise acquise, nous la mettons aujourd’hui à profit dans une nouvelle phase : le projet BENELUX-QCI. Là où BeQCI était principalement axé sur les tests et l’expérimentation, BENELUX-QCI se concentre davantage sur l’implémentation. »
Qu’est-ce que BENELUX-QCI ?
L’objectif de BENELUX-QCI est de construire une infrastructure de communication quantique transfrontalière reliant la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Concrètement, il s’agit d’un backbone en fibre optique reliant les sites clés des trois pays. Cette infrastructure permettra l’échange sécurisé de trafic QKD entre les réseaux nationaux.
Le projet est partiellement financé par l’Union européenne et s’inscrit dans l’ambition plus large de EuroQCI, qui vise à déployer une infrastructure de communication quantique paneuropéenne afin de protéger les gouvernements, les institutions de recherche et les secteurs critiques contre les cybermenaces futures.
Une collaboration entre réseaux nationaux de recherche
Une caractéristique majeure de BENELUX-QCI est la collaboration étroite entre les trois réseaux nationaux de recherche et d’éducation (NREN) : Belnet (Belgique), SURF (Pays-Bas) et Restena (Luxembourg).
« Chacun d’entre nous apporte des années d’expérience dans la conception et la gestion d’infrastructures réseau dédiées à la recherche et à l’enseignement », précise Niels. Outre les NREN, plusieurs institutions de recherche et partenaires publics participent également au projet. En Belgique, il s’agit notamment de KU Leuven (COSIC) et imec.
Le rôle de Belnet
Dans BENELUX-QCI, Belnet assume un rôle à la fois technique et stratégique. Sur le plan technique, Belnet contribue à l’implémentation de l’infrastructure et à des composants clés tels que le Key Management System, qui permet une interconnexion sécurisée entre les différents réseaux QKD nationaux.
Sur le plan stratégique, Belnet réfléchit aux cas d’usage concrets et à la manière dont la communication quantique sécurisée pourra, à terme, apporter une réelle valeur ajoutée à ses utilisateurs finaux. « Notre mission ne s’arrête pas à la construction du réseau », souligne Niels. « Nous voulons, avec notre communauté, identifier les domaines où la QKD apporte une véritable plus-value et voir comment cette technologie peut être déployée de manière réaliste. »
Vers un futur internet quantique européen
BENELUX-QCI s’inscrit dans une évolution plus large. Après des projets pilotes nationaux comme BeQCI et ces premières infrastructures transfrontalières, de nouvelles extensions suivront dans les années à venir : connexions avec d’autres réseaux QCI européens et, à plus long terme, intégration de liaisons satellitaires.
Cette évolution est souvent perçue comme une étape vers un futur internet quantique, où non seulement les communications, mais aussi les ordinateurs quantiques, les capteurs et les systèmes de simulation seront interconnectés.
Vous souhaitez en savoir plus sur BENELUX-QCI ou votre organisation est intéressée par le test de cette nouvelle technologie dans le cadre du projet ?