Les hautes écoles testent leur préparation face à une cybercrise

par
Davina Luyten

Communications Officer @ Belnet

Que se passe-t-il si votre organisation est victime d’une cyberattaque et que vos systèmes informatiques cessent soudainement de fonctionner ? Comment assurer la continuité des activités et informer rapidement et correctement vos parties prenantes ? Ces derniers mois, une dizaine de hautes écoles ont testé leur niveau de préparation face à une cybercrise. Laura Choquel et Florian Evrard, membres de l’équipe informatique de la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux), reviennent sur cette expérience.

Entre novembre 2025 et juin 2026, Belnet et le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) ont organisé pour la troisième fois un parcours de formation destiné aux clients de Belnet. L’objectif : leur apprendre, étape par étape, à concevoir et à animer leur propre exercice de gestion de cybercrise. Cette année, ce sont les hautes écoles qui étaient à l’honneur. 

Des ateliers interactifs 

La formation se composait d’un parcours interactif en trois ateliers alternant théorie et pratique. 

La première session était consacrée aux bases de la gestion de crise et de la communication de crise. Des experts du CCB sont également venus présenter la directive NIS2 et illustrer le fonctionnement de CERT.be à travers une étude de cas concrète. Les participants ont ensuite pris part, en petits groupes, à un exercice de crise réaliste se déroulant en plusieurs phases, leur permettant de mettre en pratique les bonnes méthodes de gestion de crise. 

Les deuxième et troisième sessions étaient axées sur la conception d’un exercice de (cyber)crise. Les participants ont été guidés pas à pas, depuis la définition du scénario et des objectifs de l’exercice jusqu’à la rédaction des injects destinés à l’équipe de crise et à l’évaluation finale de l’exercice. Une attention particulière a également été accordée au rôle de l’animateur et de l’observateur. 

Les hautes écoles se sont ensuite mises au travail. Celles qui le souhaitaient pouvaient encore bénéficier de conseils et d’un accompagnement personnalisé concernant le scénario retenu et l’approche choisie. 

« Cette formation a représenté une véritable opportunité pour nous, notamment parce qu’elle était spécifiquement destinée aux hautes écoles. Entre les ateliers et notre propre exercice de cybercrise, nous avons également bénéficié de deux séances de suivi avec le formateur. Il s’est montré très disponible et particulièrement à l’écoute de nos questions. Grâce à ses conseils et à une checklist pratique, nous avons pu affiner notre approche et rendre l’exercice aussi réaliste que possible. » 

Laura Choquel et Florian Evrard, membres de l’équipe informatique de la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux)

Un premier exercice de cybercrise en interne 

Pour Hénallux, il s’agissait de la toute première organisation d’un exercice de cybercrise en interne. 

« À l’heure actuelle, notre haute école ne dispose pas encore d’une structure formelle de gestion de crise. Nous avons donc souhaité impliquer les responsables des principaux services, notamment les ressources humaines, les finances, l’enseignement et l’informatique. » 

Afin d’aider l’équipe de crise à mieux appréhender l’impact potentiel d’un cyberincident, des exemples d’organisations ayant réellement été confrontées à une cybercrise ont également été présentés durant l’exercice. « Cela a permis de rendre le scénario très concret et d’aider les participants à mieux se projeter dans la situation. » 

Sensibiliser et mobiliser 

Lors d’une séance de débriefing commune, les participants ont partagé leurs expériences et les principaux enseignements tirés des exercices. Pour la plupart des hautes écoles, l’un des objectifs majeurs était de renforcer la sensibilisation aux risques cyber. 

« Cet exercice a été une véritable prise de conscience », expliquent Laura et Florian. « Beaucoup de participants n’avaient pas réalisé auparavant que notre organisation pouvait elle aussi être confrontée à une cybercrise, ni mesurer les conséquences qu’un tel événement pourrait avoir sur l’ensemble du fonctionnement de la haute école. Grâce à l’exercice, cette prise de conscience a fortement progressé. » 

Les organisateurs ont également été agréablement surpris par la dynamique au sein de l’équipe de crise. « Les échanges se sont déroulés dans un esprit constructif et respectueux, et chacun s’est pleinement investi dans l’exercice. Les participants ont d’ailleurs exprimé un retour très positif sur cette initiative. » 

Parmi les enseignements qui sont régulièrement ressortis des différents exercices figure la nécessité de définir clairement les critères permettant de déclarer une situation de crise. À Hénallux, la prise de décision est également apparue comme un point d’attention important. 

« Au cours de l’exercice, nous avons constaté qu’il n’était pas toujours évident de déterminer quelles décisions pouvaient être prises de manière autonome par certaines personnes ou équipes, et à quel moment une concertation ou une escalade devenait nécessaire. Nous souhaitons approfondir cet aspect lors d’un prochain exercice. » 

Vers un plan de crise structuré 

Comme de nombreuses autres hautes écoles participantes, Hénallux a rapidement identifié plusieurs actions concrètes à mettre en œuvre à la suite de l’exercice. 

« L’exercice a clairement démontré l’importance de disposer d’un plan de crise global», expliquent Laura et Florian. « Différents services disposaient déjà de leurs propres procédures, mais ils ignoraient souvent l’existence des plans développés par les autres équipes. Nous souhaitons désormais élaborer un plan de crise structuré, avec des rôles et responsabilités clairement définis, ainsi qu’un processus d’escalade permettant de déterminer à quel moment un incident doit être considéré comme une crise. » 

Plusieurs pistes d’amélioration concrètes ont également été identifiées. « Nous voulons prévoir des alternatives à nos outils de communication et avons déjà constitué une liste de contacts reprenant les membres de l’équipe de crise ainsi que les principaux partenaires externes. Nous travaillons également sur des aspects très pratiques, comme veiller à ce que chacun sache comment continuer à travailler via une connexion 4G si le réseau n’est plus disponible. » 

S’exercer est utile 

Tous les participants s’accordent sur une même conclusion : s’exercer est à la fois essentiel et utile. En se confrontant à un scénario réaliste, les organisations obtiennent une vision plus claire des forces et des faiblesses de leur dispositif de gestion de crise. 

« Grâce à ce premier exercice, nous avons posé les bases pour renforcer notre préparation aux crises. Les retours ont été très positifs et nous souhaitons désormais organiser ce type d’exercice chaque année. »

Laura Choquel et Florian Evrard, membres de l’équipe informatique de la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux)

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